Après un nettoyage de carburateur ou un long stockage, un moteur bicylindre (V-twin, twin parallèle) qui tient le ralenti seulement au starter, broute à l'accélération, avec une bougie humide et l'autre sèche : voilà un grand classique mal diagnostiqué. Le réflexe "bougie humide = trop riche, j'ajuste la vis de richesse" est ici presque toujours faux. Voici pourquoi.
Lire les deux bougies ensemble
Sur un monocylindre, une bougie humide peut signaler un excès de richesse. Sur un bicylindre, ce qui compte, c'est l'écart entre les deux cylindres, pas la valeur absolue. Une asymétrie (une humide, une sèche ou charbonneuse) trahit une différence matérielle entre les deux côtés — pas un réglage global.
Cause n°1 : la prise d'air sur un cylindre
La pipe d'admission en caoutchouc entre carburateur et culasse durcit et se craquelle avec les années (souvent après 10-15 ans), ou son collier se desserre. Le cylindre concerné aspire alors de l'air en parallèle du carburateur → mélange trop pauvre → ratés → bougie sèche ou charbonneuse. Et si on a ouvert la vis de richesse pour compenser, l'autre cylindre (sain) se retrouve noyé → bougie humide. D'où l'asymétrie.
Le test qui confirme :
- Moteur au ralenti, pulvériser un peu de nettoyant frein autour de chaque pipe d'admission. Si le régime change quand on arrose une pipe précise, la fuite est là.
- Variante : boucher quelques secondes l'entrée d'air des filtres avec un chiffon. Si le moteur tourne mieux, c'est bien une prise d'air en amont du carburateur.
Les autres causes d'asymétrie
- Synchronisation déréglée (carbus indépendants) : à contrôler au dépressiomètre, les deux cylindres doivent lire pareil au ralenti.
- Gicleur de ralenti bouché sur un seul carbu : nettoyage incomplet, ce cylindre broute.
- Niveau de cuve trop haut sur un carbu (pointeau) : ce cylindre est noyé en permanence, bougie humide continue.



