J'ai roulé les Cévennes trois fois ces cinq dernières années. Toujours en septembre ou mai, jamais l'été. La raison ? La température tombe de 10°C quand tu grimpes au Mont Aigoual, et en juillet avec les touristes, tu passes plus de temps à doubler des camping-cars qu'à profiter des virages. Ce parcours de 4 jours couvre environ 1100 km, avec des journées entre 250 et 350 km. Suffisant pour ne pas arriver crevé le soir, mais assez pour explorer les routes que personne ne prend.
Photo : National Library of Scotland / Wikimedia Commons (No restrictions)
Jour 1 : Montpellier - Florac via Mont Aigoual (285 km)
Départ de Montpellier direction Saint-Hippolyte-du-Fort par la D999. Cette portion réchauffe les pneus tranquillement, 52 km de nationales assez larges. À Saint-Hippolyte, plein obligatoire au Carrefour Contact (dernier vraiment pratique avant 80 km). Prix généralement 1,85€/L pour du 98.
La montée commence par la D999 jusqu'au Vigan. Route correcte, mais attention aux gravillons après la pluie dans les bas-côtés. Du Vigan, tu prends la D48 puis la mythique D986 vers Montdardier. Là, ça commence sérieusement : 15 km d'enchaînements serrés, revêtement nickel refait en 2022. La moto se pose naturellement, tu sens le grip.
L'Espérou marque le début de la D986 jusqu'au sommet du Mont Aigoual (1567 m). 12 km, 47 virages répertoriés, dénivelé de 650 m. Les motards locaux roulent cette portion les yeux fermés. Température au sommet : compte 12°C de moins qu'en plaine. En septembre dernier, je suis parti avec 24°C à Montpellier, j'avais 11°C au sommet avec du vent à 40 km/h. La veste chauffante branchée sur la prise 12V trouve tout son sens.
Descente par la D18 vers Meyrueis. Cette route file plein nord, moins fréquentée que le versant sud. Revêtement plus abîmé sur 3-4 km après le col de la Serreyrède, reste vigilant. À Meyrueis, station Total, dernier plein avant Florac.
Direction Florac par la D996 qui longe les Gorges du Tarn en rive gauche. 35 km de route sinueuse, étroite par endroits (2,5 m de large), croisements délicats avec les voitures. Conduite en seconde et troisième, 40-60 km/h de moyenne réelle.
Hébergement à Florac : Gîte d'étape "Le Marronnier" à 28€/nuit en dortoir, 45€ la chambre simple. Garage fermé pour 3 motos. Proprio motard, il a un compresseur si tu veux vérifier les pressions (je roule à 2,3 bars avant / 2,5 arrière en solo chargé).
Jour 2 : Boucle Causses et Gorges (320 km)
Départ vers 8h30 direction Mende par la N106. Route rapide, 37 km, tu arrives pour le plein (station Avia sur la N88 en sortie de ville). De Mende, prends la D25 vers le Causse de Sauveterre. Cette route traverse des paysages lunaires, quasi désertiques. Plateaux à 1000 m d'altitude, lignes droites de 5-6 km, puis sections vallonnées. Vent latéral violent possible, surtout printemps/automne.
La D986 entre Sainte-Énimie et Le Rozier (Gorges du Tarn) : 28 km mythiques. La route colle à la paroi rocheuse, surplombe la rivière de 80 à 120 m. Virages en épingle, côtes jusqu'à 9%, tunnels non éclairés (3 au total). Un régal technique. Attention aux cars touristiques entre 11h et 16h, ils prennent toute la largeur. Je passe toujours cette section avant 10h30 ou après 17h30.
Photo : Miguel Discart (Photos Vrac) / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)
Du Rozier, monte au Point Sublime par la D995. 4 km, 380 m de dénivelé, 16% par endroits. Première et seconde uniquement, la MT-07 tousse un peu en pleine charge à 2500 tr/min. Point de vue à 180° sur les gorges, parking gratuit.
Redescends et file sur Millau par la D187 (25 km). Pause déjeuner, plein à la station Intermarché (souvent 0,08€/L moins cher que les stations de marque).
Retour par les Gorges de la Jonte (D996). Route identique en difficulté aux Gorges du Tarn, mais moins fréquentée. 21 km jusqu'à Meyrueis. Puis remonte vers le col de Montmirat (D996), 1046 m, vue dégagée sur le massif de l'Aigoual. Descente sportive vers Florac par la D996, 18 km, 42 virages. Revêtement correct mais feuilles mortes en automne, ralentit dans les zones ombragées.
Retour au gîte vers 18h. Kilométrage du jour : 320 km, consommation moyenne sur ma Tiger 900 : 5,2 L/100 km (réservoir 20 L).
Jour 3 : Cap nord vers le Mont Lozère et Pic d'Anjeau (275 km)
Journée haute montagne. Départ par la D998 vers Pont-de-Montvert. 28 km de montée progressive, température fraîche même en mai (8-10°C au petit matin). Route large, bien entretenue, peu de circulation.
Du Pont-de-Montvert, la D20 grimpe au col de Finiels (1541 m), point culminant du Mont Lozère. 14 km, paysage de lande rase, vent violent garanti. J'ai enregistré des rafales à 65 km/h sur mon anémomètre en septembre. La moto tangue, serre les genoux contre le réservoir. Aucune station essence sur 90 km, réserve minimum 8 litres avant de partir.
Descente vers Villefort par la D901. Route magnifique, larges virages, revêtement neuf sur 18 km (refait 2023). Tu peux t'appuyer franchement, grip excellent. Attention aux vaches en semi-liberté entre juillet et septembre après le col.
À Villefort, plein à la Petite Epicerie du Lac (pompe automatique CB 24h/24). Puis direction Le Bleymard par la D901 (15 km). Pause café au Bar du Commerce si tu veux reposer les fesses.
L'après-midi, attaque du Pic d'Anjeau par les petites départementales. Prends la D5 depuis Le Bleymard vers le col des Tribes (1120 m). 9 km sinueux, étroit (2 m de large), croisements difficiles. Conduite lente mais technique. Au col, bifurque sur la D35 vers le hameau de Finiels, puis piste sur 800 m (praticable en trail type Ténéré 700, difficile en GT lourde). Le Pic d'Anjeau culmine à 1563 m, vue panoramique 360°.
"Le Mont Lozère, c'est le terrain de jeu où tu comprends que ta moto n'est pas trop puissante, mais que ton essence est limitée. La vraie gestion de pilotage, c'est anticiper les 80 km sans pompe." — Carnet de route perso, mai 2022
Retour vers Florac par la D20 sud, puis D998. Arrivée vers 17h30.
Option bivouac : Camping municipal de Florac à 12€/nuit + 3€ la moto. Sanitaires propres, eau chaude, prises électriques. Quelques emplacements à l'ombre sous les châtaigniers.



