Sur le papier, la QJMotor SRK 700 coche la case que tout roadster moyen doit cocher en Europe : faire aussi bien qu'une Yamaha MT-07 pour moins cher. Bicylindre de 693 cm³, environ 73 ch, fourche inversée, étriers radiaux, bridage A2 possible, et un prix de 7 290 € à son arrivée en France en 2023 — puis 6 490 € en Italie en 2024.
On a épluché la fiche, les essais et le marché de l'occasion pour répondre à la seule question qui compte : est-ce une bonne affaire, techniquement et à la revente ?
QJMotor, c'est qui ?
QJMotor est la marque propre de Qianjiang Motorcycle, fabricant de Wenling (Zhejiang) fondé en 1985, dont le premier actionnaire est depuis 2016 le groupe automobile Geely (Volvo Cars, Lotus). C'est aussi le groupe qui possède Benelli et Keeway, et qui fabrique les Harley-Davidson X350 et X500 pour l'Asie. En France, QJMotor est distribuée depuis 2024 par SIMA (Beaune), l'importateur qui a créé Mash, après un an et demi chez DIP. Fin 2025, SIMA a fait valider par le tribunal de commerce de Dijon un accord de conciliation avec ses banques pour rééchelonner sa dette : rien d'alarmant en soi, mais un point à garder en tête pour le suivi des pièces et de la garantie. Le détail des liens entre marques est dans qui fabrique quoi.
La fiche technique
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Moteur | Bicylindre en ligne 693 cm³, 4 temps, refroidissement liquide |
| Alésage × course | 83 × 64 mm |
| Puissance | 73,4 ch à 8 500 tr/min (fiche française 2023) |
| Couple | 66 Nm à 6 250 tr/min |
| Version A2 | Kit de bridage à 35 kW (48 ch) |
| Gestion moteur | Injection et allumage Bosch |
| Poids | Environ 192 à 196 kg selon les fiches |
| Hauteur de selle | 790 mm |
| Réservoir | 15 litres |
| Fourche | Inversée de 41 mm, 115 mm de débattement |
| Freins | Doubles disques de 320 mm, étriers radiaux 4 pistons, ABS Bosch |
| Pneus | Pirelli Angel GT, 120/70 et 160/60 ZR17 |
| Prix | 7 290 € (France, 2023) |
Les chiffres varient selon les millésimes et les sources : l'essai italien de la version 2024 annonce 77 ch et 70 Nm. Vérifie la fiche de ta moto sur la carte grise (puissance en kW) si tu achètes d'occasion.
L'analyse technique
Le moteur : un bloc récent, pas un recyclage
Le bicylindre de 693 cm³ est un moteur différent du 754 cm³ des Benelli 752 S et Leoncino 800 : plus compact, il équipe aussi le trail QJMotor SRT 700. Le groupe dispose donc de deux bicylindres moyens, et la SRK 700 utilise le plus récent. Les essais saluent un moteur vif et plein à mi-régime, avec une injection et un ABS Bosch qui fonctionnent proprement.
C'est un point de fiabilité à nuancer : un moteur récent a moins d'historique qu'un bloc éprouvé. Le CP2 de Yamaha a plus de dix ans de recul et des centaines de milliers d'exemplaires ; le 693 de Qianjiang en a quelques années. Ce n'est pas un défaut, c'est une incertitude — et elle se paie à la revente.
La partie-cycle : du sérieux, mais du poids
Fourche inversée, étriers radiaux, bras oscillant en aluminium : l'équipement est au-dessus de ce que propose une MT-07 de base. En contrepartie, le poids — autour de 195 kg en ordre de marche — est supérieur aux références japonaises, un « vice de famille » partagé avec les Benelli selon la presse italienne. Ça ne gâche pas l'agilité au quotidien, mais ça se sent dans les enchaînements et au parking.
L'électronique : le minimum
Pas d'antipatinage sur la version essayée en 2024, un petit écran de 4 pouces avec peu d'informations et des témoins d'entretien jugés trop petits. Pour un roadster de 73 ch, l'absence d'antipatinage n'est pas rédhibitoire, mais c'est une différence nette avec des concurrentes chinoises plus récentes et mieux dotées.
Ce qui est documenté côté fiabilité
- Aucun rappel public trouvé pour la SRK 700 sur RappelConso à la date de rédaction (la base française, qui relaie aussi les alertes européennes Safety Gate). Le groupe Qianjiang a en revanche fait l'objet d'un rappel relayé en 2024 sur la Benelli TRK 502 (amortisseur) : preuve que le système d'alerte fonctionne aussi pour ces marques.
- Les essais pointent la finition « plus utilitaire » que chez les japonaises, pas des pannes.
- Les retours de propriétaires restent rares en France, la moto étant récente et vendue en petit volume. Les remarques qu'on retrouve en ligne concernent surtout de petits soucis électriques et de finition, réglés sous garantie. Ce n'est pas une preuve de fiabilité, c'est une absence de recul.
Le contexte général — corrosion, connectique, délais de pièces — est traité dans notre bilan sur la fiabilité des motos chinoises.




